Acheter un appareil photo argentique d’occasion peut être une excellente manière de découvrir la photographie sur pellicule.
Mais contrairement à un appareil neuf, un boîtier argentique peut avoir 30, 40 ou 50 ans.
Et même lorsqu’il paraît en très bon état extérieur, certains défauts peuvent être invisibles au premier coup d’œil.
Obturateur fatigué, cellule imprécise, mousses détériorées, corrosion, objectif avec champignons, télémètre mal aligné…
Avant d’acheter, quelques vérifications simples permettent d’éviter beaucoup de mauvaises surprises.
Voici les principaux points à contrôler.
Commencez par regarder l’état général
L’état esthétique ne dit pas tout, mais il donne déjà plusieurs indices.
Observez :
-
les chocs ;
-
les fissures ;
-
les traces d’oxydation ;
-
les vis abîmées ;
-
les pièces manquantes ;
-
les leviers tordus ;
-
les traces de chute.
Un appareil marqué peut parfaitement fonctionner.
À l’inverse, un boîtier très propre peut avoir des problèmes internes.
L’objectif est donc de repérer les signes d’un usage brutal ou d’un stockage dans de mauvaises conditions.
Vérifiez le compartiment à piles
Si l’appareil fonctionne avec des piles, ouvrez le compartiment.
Regardez s’il présente :
-
corrosion ;
-
coulures ;
-
traces blanchâtres ou verdâtres ;
-
contacts oxydés.
Une légère oxydation peut parfois être nettoyée.
Mais une corrosion importante peut avoir endommagé l’électronique interne.
C’est particulièrement important sur les appareils électroniques des années 1970 à 1990.
Testez l’armement
Actionnez le levier d’armement plusieurs fois.
Il doit fonctionner de manière fluide et régulière.
Sur un appareil manuel, vérifiez que :
-
le levier revient correctement ;
-
le compteur de vues avance ;
-
le déclencheur se réarme ;
-
aucun bruit anormal n’apparaît.
Un mécanisme qui force, bloque ou saute peut indiquer un problème interne.
Testez le déclenchement
Déclenchez plusieurs fois.
Le bouton doit répondre correctement.
Le mécanisme doit se déclencher sans retard anormal.
Si l’appareil dispose d’un retardateur, vous pouvez également le tester.
Attention toutefois : sur certains vieux appareils, les retardateurs mécaniques peuvent être fragiles. Il vaut parfois mieux éviter de les actionner si vous ne connaissez pas leur état.
Vérifiez les différentes vitesses d’obturation
C’est l’un des contrôles les plus importants.
Réglez successivement plusieurs vitesses :
-
1 seconde ;
-
1/15 ;
-
1/60 ;
-
1/125 ;
-
1/500 par exemple.
Les vitesses lentes doivent clairement durer plus longtemps que les vitesses rapides.
À 1 seconde, vous devez entendre un déclenchement nettement plus long.
À 1/500, le bruit doit être très bref.
Ce test ne permet pas de mesurer la précision exacte des vitesses, mais il permet de repérer un obturateur manifestement bloqué ou incohérent.
Regardez l’obturateur
Ouvrez le dos de l’appareil si le modèle le permet.
Déclenchez à différentes vitesses en regardant l’obturateur.
Vérifiez :
-
qu’il s’ouvre ;
-
qu’il se referme ;
-
qu’il ne reste pas bloqué ;
-
qu’il n’y a pas de lamelles tordues ou endommagées.
Sur un obturateur à rideaux, regardez également si le mouvement semble régulier.
Les vitesses rapides sont plus difficiles à évaluer à l’œil, mais les défauts importants peuvent parfois être visibles.
Vérifiez le miroir sur un reflex
Sur un reflex, regardez le miroir.
Il doit être propre, bien positionné et remonter correctement au déclenchement.
Après la photo, il doit revenir immédiatement en place.
Un miroir qui reste bloqué peut indiquer un problème mécanique ou électronique.
Regardez aussi si la mousse située autour du miroir est détériorée.
Vérifiez le viseur
Regardez à travers le viseur.
Il peut y avoir quelques poussières sur un appareil ancien, ce qui n’est pas forcément problématique.
En revanche, surveillez :
-
voile important ;
-
champignons ;
-
prisme détérioré ;
-
image très sombre ;
-
traces anormales ;
-
informations d’exposition illisibles.
Un viseur légèrement poussiéreux n’affecte pas la photo.
Mais un prisme fortement dégradé peut rendre l’utilisation beaucoup moins agréable.
Testez la cellule
Si l’appareil possède une cellule, insérez une pile compatible.
Pointez l’appareil vers une zone lumineuse puis vers une zone sombre.
Les indications doivent varier.
Selon le modèle, vous pourrez voir :
-
une aiguille ;
-
des LED ;
-
des vitesses recommandées ;
-
une indication de sous ou surexposition.
Une cellule qui ne réagit jamais peut être défectueuse.
Il est encore mieux de comparer sa mesure avec celle d’un autre appareil ou d’un posemètre.
Attention aux anciennes piles
Certains appareils étaient conçus pour fonctionner avec des piles au mercure aujourd’hui interdites ou difficiles à trouver.
Des solutions de remplacement existent parfois.
Mais il faut vérifier si la tension différente des piles modernes modifie la mesure de lumière.
Avant achat, renseignez-vous toujours sur :
-
le type de pile ;
-
sa disponibilité ;
-
la nécessité d’un adaptateur.
Vérifiez les mousses d’étanchéité
Ouvrez le dos du boîtier et inspectez les rainures.
De nombreux appareils utilisent de petites mousses pour empêcher la lumière d’entrer.
Avec le temps, elles peuvent devenir :
-
collantes ;
-
poudreuses ;
-
complètement désagrégées.
Des mousses détériorées peuvent provoquer des fuites de lumière sur les photos.
Heureusement, leur remplacement est souvent relativement simple.
Une mousse usée n’est donc pas forcément rédhibitoire, mais il faut en tenir compte dans le prix et l’état du boîtier.
Vérifiez l’objectif
Si l’appareil est vendu avec un objectif, inspectez-le attentivement.
Regardez les lentilles sous plusieurs angles.
Vous pouvez utiliser une petite lampe.
Cherchez notamment :
-
rayures importantes ;
-
champignons ;
-
voile ;
-
séparation des lentilles ;
-
poussières excessives.
Quelques poussières internes sont très fréquentes et ont rarement un impact visible sur les photos.
En revanche, un voile important ou des champignons peuvent fortement réduire le contraste.
Vérifiez le diaphragme
Si l’objectif permet de voir le diaphragme, changez l’ouverture.
Les lamelles doivent se déplacer rapidement et régulièrement.
Elles doivent être propres.
Des traces d’huile peuvent ralentir leur mouvement.
Sur certains objectifs, un diaphragme collant peut entraîner des problèmes d’exposition.
Testez la bague de mise au point
La bague doit tourner de manière régulière.
Elle ne doit pas :
-
bloquer ;
-
avoir trop de jeu ;
-
être extrêmement dure ;
-
tourner sans résistance.
Une légère différence de fluidité est normale sur un objectif ancien.
Mais une bague presque bloquée peut nécessiter une révision.
Sur un télémétrique, vérifiez l’alignement
Pour un appareil télémétrique, regardez un sujet éloigné.
Effectuez la mise au point à l’infini.
Les deux images dans le patch télémétrique doivent parfaitement se superposer.
Vous pouvez également tester sur un sujet plus proche.
Un télémètre désaligné peut provoquer des photos floues même si la mise au point semble correcte dans le viseur.
Ce réglage peut parfois être réparé, mais il est préférable de le savoir avant achat.
Vérifiez l’avance du film
Sur un appareil 35 mm, vérifiez que le mécanisme d’entraînement fonctionne.
Lorsque vous armez, regardez si l’axe d’entraînement tourne correctement.
Le système de rembobinage doit également fonctionner.
Sur un compact motorisé, il est important de tester :
-
chargement ;
-
avance automatique ;
-
rembobinage.
Ces moteurs sont parfois difficiles à réparer.
Testez le flash
Si l’appareil possède un flash intégré, vérifiez qu’il charge et déclenche.
Sur un compact, le flash peut être essentiel au fonctionnement normal.
Un flash défectueux peut rendre l’appareil beaucoup moins polyvalent.
Les compacts nécessitent une attention particulière
Un point-and-shoot peut sembler fonctionner mais présenter des problèmes intermittents.
Testez autant que possible :
-
autofocus ;
-
flash ;
-
zoom ;
-
moteur ;
-
écran LCD ;
-
boutons ;
-
trappe de pile ;
-
détecteur de film.
Les compacts électroniques sont souvent plus difficiles à réparer que les appareils mécaniques.
Un modèle bon marché mais défaillant peut rapidement devenir irréparable économiquement.
Méfiez-vous de la mention “non testé”
Sur le marché de l’occasion, beaucoup d’appareils sont vendus comme :
“non testé”
Cela signifie simplement que le vendeur ne garantit pas leur fonctionnement.
Parfois, l’appareil fonctionne parfaitement.
Parfois non.
Il faut donc considérer un appareil “non testé” comme un achat à risque.
Son prix doit refléter ce risque.
Si vous cherchez un appareil pour commencer immédiatement, privilégiez plutôt un exemplaire contrôlé.
Un appareil “fonctionnel” n’est pas toujours réellement testé
Une annonce peut indiquer “fonctionne” simplement parce que :
-
le déclencheur réagit ;
-
le miroir bouge ;
-
le levier s’arme.
Cela ne signifie pas forcément que :
-
les vitesses sont correctes ;
-
la cellule fonctionne ;
-
le film avance correctement ;
-
l’appareil est étanche à la lumière ;
-
l’objectif est sain.
Il est donc utile de demander précisément ce qui a été contrôlé.
Les bonnes questions à poser au vendeur
Avant achat, demandez :
-
l’appareil a-t-il été testé avec une pellicule ?
-
la cellule fonctionne-t-elle ?
-
toutes les vitesses déclenchent-elles ?
-
les mousses ont-elles été remplacées ?
-
y a-t-il des champignons dans l’objectif ?
-
le compartiment à piles est-il propre ?
-
sur un télémétrique, le patch est-il aligné ?
-
le flash fonctionne-t-il ?
-
y a-t-il un défaut connu ?
Un vendeur sérieux doit pouvoir répondre clairement ou indiquer ce qu’il n’a pas pu vérifier.
Le meilleur test reste une pellicule
Même après tous ces contrôles, la meilleure validation reste de faire passer une pellicule dans l’appareil.
Cela permet de vérifier réellement :
-
exposition ;
-
transport du film ;
-
étanchéité ;
-
espacement des vues ;
-
mise au point ;
-
obturateur.
C’est ce qu’on appelle souvent un appareil “film tested”.
Mais tous les vendeurs ne peuvent pas tester chaque boîtier avec un film complet.
Il est donc important de distinguer clairement :
contrôlé mécaniquement
et
testé avec une pellicule.
Faut-il éviter un appareil qui présente un petit défaut ?
Pas forcément.
Un appareil ancien peut avoir :
-
quelques marques ;
-
des mousses à remplacer ;
-
une cellule imprécise ;
-
un petit défaut esthétique.
Cela peut être parfaitement acceptable si :
-
le défaut est connu ;
-
il est clairement indiqué ;
-
le prix est adapté ;
-
il n’empêche pas l’utilisation.
La transparence est plus importante que la recherche d’un appareil parfaitement neuf.
Notre conseil avant achat
Pour un premier appareil argentique, privilégiez trois choses :
fonctionnement, simplicité et transparence.
Un appareil moins prestigieux mais correctement contrôlé sera souvent un meilleur achat qu’un modèle très recherché vendu sans garantie de fonctionnement.
Ne vous laissez pas uniquement séduire par :
-
la marque ;
-
l’esthétique ;
-
la popularité du modèle ;
-
son prix supposé sur le marché.
Un appareil photo reste avant tout un outil.
Notre approche des appareils argentiques
Nous sélectionnons chaque appareil individuellement et vérifions son fonctionnement avant sa mise en vente.
Selon le modèle, nous contrôlons notamment :
-
obturateur ;
-
armement ;
-
cellule ;
-
viseur ;
-
objectif ;
-
mousses ;
-
avance du film ;
-
électronique ;
-
télémètre lorsque l’appareil en possède un.
L’objectif est simple :
vous permettre de choisir un appareil ancien en sachant le plus précisément possible ce que vous achetez.
Découvrez notre sélection d’appareils argentiques disponibles en boutique et en ligne.
Et retenez cette règle :
sur un appareil argentique, l’état réel compte souvent davantage que le nom inscrit sur le boîtier.